Ils me font entrer dans le cabinet du médecin, dans la pièce des radios, et restent avec moi en attendant le médecin. Il prend son temps le bougre, j'ai bien dû attendre 15-20 minutes. Enfin il arrive. C'est à peine s'il me dit bonjour, il a l'air aimable comme une porte de prison.
Les pompiers partent, en me souhaitant bon courage, et me laisse avec lui. Il ne me demande rien (je suppose qu'il a déjà eu les explications), me fait mettre debout devant l'appareil pour les radios, me dispose pour prendre ses clichés (j'ai l'impression d'être un objet). Puis il m'emmène dans une petite pièce à côté où je peux m'asseoir ou m'allonger (bof pas confortable avec mon épaule en miettes). Il revient au bout d'un long moment, et m'annonce brutalement que c'est une fracture de la clavicule. Et merde, je suis au bord des larmes à nouveau. Il donne l'ordonnance à Christian, qui attendait dehors, pour qu'il aille acheter les médicaments et le gilet orthopédique, et me laisse seule à nouveau.
L'assistante du médecin arrive, j'ai une petite mine. Elle me dit "Ca n'a pas l'air d'aller". C'était la phrase à ne pas dire, et là je craque, je m'effondre et fonds en larme. Je lui balance en vrac, c'est que le 3ème jour de nos vacances, demain nous devions reprendre la route, Christian ne peux pas conduire avec ma voiture, comment allons-nous faire, et l'Espagne, etc. etc. Moins froide que le médecin, elle reste un peu avec moi et essaie de me remonter le moral.
Une vingtaine de minutes plus tard, voilà Christian avec ce qu'il faut (et 130 euros en moins sur mon compte en banque). Le médecin revient, me déshabille (je le voyais déjà devoir découper mes fringues, mais non, en forçant et en serrant les dents très fort, ça passe). Ouf j'ai le maillot de bain en dessous, je suis un peu moins mal à l'aise du coup. Il commence par mettre le gilet autour de moi, ça se scratche ça va, pas trop douloureux. Puis, il fixe la partie destinée à soutenir mon bras, et me replie celui-ci sur le ventre. Aieeeeeeeeeeeee je crie, ça fait mal merde !!!! Je pleure sans même m'en rendre compte, tant pis je m'en fous. J'ai les nerfs qui lâchent. Une fois le tout en place, je me sens un peu soulagée malgré tout, je sens un peu moins la douleur (juste un peu moins).

Je sors de la pièce avec Christian, l'assistante a les radios et les papiers. 109 euros... Je n'ai plus de quoi payer sur moi, et aucune envie de régler encore avec la carte. Elle nous propose de revenir le lendemain pour payer.. Nous quittons enfin le centre médical, direction l'hôtel. Heureusement c'est tout près, il y a juste à prendre l'ascenseur pour descendre, une chance. Mais la voiture est restée à la station du lac, en bas, et il nous reste le VTT de Christian : les pompiers ont emmené le mien, mais il n'a pas pensé à leur donner le sien aussi. Pendant que je me faisais maltraiter par le médecin, il a téléphoné au magasin, pour demander s'il pouvait le rendre le lendemain, le magasin fermant à 18h00. Ils ont accepté sans problème, à condition qu'il le rende le lendemain pour 9h30.
Nous arrivons à l'hôtel, je suis épuisée. Je m'allonge un peu sur le lit, histoire de remettre mes idées en place. Tout se bouscule dans ma tête, comment rentrer, ou descendre en Espagne ? Je ne peux pas rouler avec un bras, et lui ne peux pas rouler avec ma voiture. Il n'y a pas 36 solutions, il faut demander de l'aide. Sur ma carte bancaire figure un numéro d'assistance médicale, je les appelle. J'explique ce qui m'est arrivé. Ils me proposent un rapatriement en Alsace, avec chauffeur. Je leur explique qu'il faut que nous descendions en Espagne, les enfants de Christian sont là-bas, et il était prévu que nous les rejoignions. Bien essayé, mais ils refusent, ils proposent uniquement un rapatriement à domicile. Je raccroche, dépitée, je n'ai pas vraiment le choix.
Je tente le coup, j'appelle Mondial assistance, et leur explique le problème également. Peine perdue, même réponse, je leur dis que dans ce cas ce n'est pas la peine, et je raccroche.
La première assistance médicale me rappelle. Je donne mon accord pour le rapatriement, en leur précisant que c'était notre dernière nuit d'hôtel, et donc qu'il faudrait nous faire rapatrier demain (jeudi). Ils me demandent les coordonnées du médecin qui m'a soigné, pour vérifier qu'un rapatriement est bien justifié. Je leur indique ce qu'ils veulent. Ils me répondent "Nous vous tiendrons au courant", et raccrochent.
Il est tard déjà, je suis vidée, épuisée, par la chute, le stress, la douleur. Et je pense à l'Espagne. Je me réjouissais pour descendre, enfin des vacances au soleil, ça fait des années que je n'y avais pas été, et là, tout tombe à l'eau, à cause d'une chute stupide. Je m'en veux, je déprime. Et j'ai mal, malgré les cachets que m'a prescrit le médecin, j'ai un mal de chien.
Christian a faim. Il m'aide à mettre un gilet par dessus l'attelle, et nous sortons. Au passage, nous nous arrêtons à la réception. J'explique rapidement ce qui m'est arrivé, que nous allons nous faire rapatrier, mais que demain c'est notre dernier jour. La réceptionniste comprend, et regarde si la chambre est disponible pour la nuit d'après, au cas où. Elle l'est oui, mais ça sera au prix fort (120 euros, et oui c'est un hôtel grand luxe !) Je la remercie, et nous sortons manger. Entre-temps, j'ai eu un appel de l'assistance médicale, ils n'ont pas réussi à joindre le médecin, ils le feront demain matin à la première heure, et me tiennent au courant... Nous retournons au restaurant de la veille, c'était bon, et pas cher. La serveuse nous reconnaît, elle ouvre de grands yeux en me voyant !
Nous mangeons assez rapidement (j'ai oublié le menu, désolée), et nous retournons enfin à l'hôtel, il est 22 heures passés. Piètre consolation, à la télé, rediffusion de Desperate Housewives, le dernier épisode d'une série que j'affectionne. Christian zappe ensuite sur un reportage à propos de la guerre, je m'endors, épuisée et à bout de nerfs.
A suivre...
Kelya - 02 septembre 2006
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