Même si je ne me suis pas couchée très tard, petite nuit malgré tout, je recommence à avoir mal, et ça m’empêche de dormir.
Ce matin, surprise, il n’y a personne, les parents sont partis au marché à leur tour. Je prends mon petit déjeuner tranquillement, dans le calme. Les enfants sont dans la piscine déjà. J’en profite pour y faire un petit tour également, l’eau froide me fait du bien, ça calme un peu les élancements de mon dos.
Il est bientôt midi, je demande à Christian s’il sait quand ses parents rentrent. Il n’en a aucune idée. Je lui suggère donc de préparer le repas. Je regarde ce que je peux trouver dans les placards : des pâtes, de la sauce tomate, des oignons, des champignons, des cornichons. Dans le frigo, une barquette de lardons, du jambon, du fromage râpé. Je pourrai faire un gratin de pâtes, c’est bon et facile à faire.
Je demande à Christian de s’occuper des oignons et de les émincer, qu’il participe un peu aussi ! Pendant ce temps, je coupe quelques tranches de jambon en fines lamelles, pour compléter avec les lardons. Un peu de beurre dans une poêle, quand il est chaud j’y ajoute oignons, puis lardons et jambon, je laisse cuire à petit feu. J’en profite pour beurrer deux plats pendant ce temps, et je fais cuire les pâtes dans une grande casserole d’eau.
Une fois les pâtes cuites, je les mets à égoutter.
Christian a fait sortir les enfants de l’eau, et je leur demande de préparer
Tiens les parents sont de retour, la mère et Annick arrivent dans
Je termine mes plats : une couche de pâtes, un peu de mélange oignons-lardons-jambon, de la sauce tomate, puis du fromage râpé. Une deuxième couche, mélange, sauce tomate et plein de fromage pour que ça gratine. Et le tout au four, pour une quinzaine de minutes.
Pendant que ça cuit, je prépare encore vite fait (façon de parler bien sûr, essayez voir de faire vite avec une seule main valide !) une salade : salade verte, tomates, bâtonnets de surimi coupés en dés.
Enfin c’est cuit, nous passons à table. Le père me complimente, il n’arrête plus, je vais finir par être gênée, ce n’est pas grand-chose pourtant. En tout cas il apprécie, et le montre bien, ça fait plaisir. Pour une fois, le repas se passe bien, personne ne râle ou ne trouve quelque chose à redire, ça change.
Le repas terminé, je les laisse débarrasser, je crois que j’ai largement fait ma part de boulot.
Il est tôt encore, j’aimerai m’allonger un peu au soleil, mon bras me fait mal, j’ai peut-être un peu trop forcé. C’est raté, la mère a décidé de nettoyer la terrasse… Pfff quelle plaie celle-là, elle se plaint de devoir tout faire, que personne ne l’aide, et pour une fois qu’elle en a l’occasion, au lieu de poser ses fesses un peu, il faut qu’elle bosse, qu’elle montre bien combien elle est indispensable. Elle demande aux enfants de l’aider, ce n’est pas rien ce qu’elle veut faire, la terrasse est grande, et un simple coup de balai ne lui suffit pas, non, elle veut passer la serpillière ensuite… sur des dalles… on aura tout vu. Fabien, pour ne pas changer, l’envoyer balader, et descend jouer à la Game cube. Du coup, c’est Amanda et Gaetan qui s’y colle. Moi qui pensait me reposer, c’est raté. Grand ménage en haut, et Fabien à la console en bas. Je descends tout de même, tant pis je vais lire, à défaut de faire la sieste.
J’entends la mère rouspéter jusqu’en bas, la pauvre est obligée de faire un travail d’homme, son mari ne fait rien… sans commentaires.
Il est 16 heures passé, elle a enfin terminé. A part les feuilles et les brindilles qui ont été balayées, je ne remarque pas grande différence… mais il paraît que maintenant c’est propre ! Moi je veux bien, mais bon, je crois que je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi maniaque.
Les parents sont invités à boire le café chez des amis, enfin un peu de tranquillité, je vais pouvoir m’allonger un peu sur un des transats.
Je profite également de leur absence pour téléphoner (avec l'autorisation de Christian bien sûr !), pour le rapatriement. Je vais essayer de faire marcher l’assurance encore une fois, je verrai bien si ça marche ! Manque de pot, quand j’ai appelé la première fois à Tignes (j’avais appelé deux organismes, et c’est le 2ème qui nous a rapatrié, j’avais appelé le premier – celui que je rappelle maintenant- pour des informations uniquement, puis n’avait pas donné suite), j’ai dû donner mon nom, et ils ont ouvert un dossier, je ne le savais pas. La personne que j’ai au bout du fil semble sceptique sur ma demande. Elle me dit que de toute façon le rapatriement ne fonctionnera que pour moi (si j’obtiens l’accord), éventuellement Christian comme adulte accompagnant, mais sûrement pas les enfants, car ce n’est pas les miens. La personne ne peut me répondre de suite, elle prend mes coordonnées, et me dit qu’il faut qu’elle voit avec son responsable, ils me rappelleront le jour d’après, dans
Les parents rentrent de leur visite. Apparemment, ils ont bu, la mère a un coup dans le nez. Super… elle est encore plus acariâtre que d’habitude. Et les remarques acerbes pleuvent. Le père est parti chercher les poulets qu’on aurait dû manger à midi. Christian et les enfants en profitent pour préparer
Les enfants sont descendus, ils sont prêts. Nous montons tous dans la voiture puis nous partons. Christian leur demande s’ils veulent faire un karting, les enfants sont ravis ! Je ne dis toujours rien. Direction karting a Estartit. Arrivé sur place, Christian paie, et les enfants vont faire leur tour. Je me permets enfin une remarque, en lui disant je croyais que tu voulais faire un mini-golf. Il me répond oui mais les enfants avaient envie, et moi quand je suis énervé il faut que je dépense des sous. Je ne réponds pas. Je me sens mal, le bras et le dos m’élancent, je suis fatiguée, j’ai envie de m’allonger.
Une fois leur tour de karting terminé, les enfants reviennent, le sourire aux lèvres, tout excités. Nous retournons à la voiture, je m’attends à ce qu’il prenne le chemin du retour, maintenant qu’il est un peu calmé, mais non, il se dirige vers le Joc’s : une espèce de centre de jeux, où il y a golf,, machines à sous, jeux électroniques, manèges, etc. Je préférerai rester à les attendre dans la voiture, mais je vois bien que ça ne lui plaît pas. Je prends sur moi, une fois de plus, et les suit.
Je me sens mal. Il fait la queue pour les tickets pendant que je m’assieds dans un coin, vraiment pas
Ca me saoule grave, marre, j’ai une grosse boule dans la gorge, envie de rentrer. Je pars faire un tour aux toilettes, puis je me ballade un peu. Je n'ai même pas l’impression qu’il s’inquiète, il n’a pas vu que je partais ! Au bout d’une bonne demi-heure, je reviens vers le minigolf, et m’installe à nouveau sur mon banc. Ils ont presque fini, ils sont à l’avant dernier trou. Christian vient vers moi (enfin !), et me dit "Désolé c’était long". Je ne réponds même pas, et il repart vexé, finir sa partie. Quand enfin il revient, il me demande s’il y avait un spectacle de flamenco (c’était le cas, pendant qu’ils jouaient j’ai regardé un peu), je ne réponds pas. Il fait "Pfffff". Au même moment, Fabien m’écrase le doigt de pied (j’étais en claquettes, et lui en baskets !). Je craque, je pleure à nouveau, je n’arrive plus à me retenir, trop c’est trop. Il part rendre les clubs de golf, puis nous retournons à la voiture, et nous rentrons en silence, l’atmosphère est tendue. Je me couche sans un mot. Il se couche à côté de moi, sans me toucher, en me tournant le dos. Marre, mon envie de rentrer est de plus en plus forte, quelle ambiance de merde. Je m’endors épuisée, malheureuse, à bout de nerfs.
A suivre…
Kelya - 27 novembre 2006
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